Nov 092014
 
 9 novembre 2014  Posted by at 16:14 TECHNIQUES MIXTES SUR PAPIER Commentaires fermés sur Sonorité ancienne


Il y a enfin sous l’eau des villes englouties. Mais c’est si loin et si profond, dans l’océan Indien, six mille mètres, au coeur transparent de la faille de Michucaya. Personne ne se doute que la plus belle architecture Gréco- Bouddhique-Christiano- Inca dort éclairée par les feux des méduses. Et c’est si beau que plusieurs fois j’ai bien failli quitter mon vieil U-boat, mon sous marin diesel, long comme un grand pinceau de fer qui gîte, roule et tangue sur le sable au gré des courants chauds.
J’ai vécu seul si longtemps dans sa carcasse rouillée qui se plaint et qui craque sous la pression de mes visions. Parfois les cachalots viennent coller leur oeil froid et terrible sur mon hublot, ou des poulpes en rut s’accouplent à la coque qui glisse et passe devant des temples et des basiliques. Un requin noir, comme un Jésuite, sort d’une cathédrale avec une croix d’or entre les dents.
A.C

Nov 062014
 
 6 novembre 2014  Posted by at 19:50 HUILES SUR TOILES Commentaires fermés sur Mélange des temps


Le peintre est un gamin qui s’émerveille. Tant de détails sur lesquels se pencher. Tout l’essentiel pour lui se tient dans une agate en verre, une bille pleine de nuages bleus ou rouges que l’on jette en visant dans le pot pour ramasser la mise.
Quand tu as dans la poche tous ces petits soleils crissants, tu es riche comme un géant, un cueilleur de planètes.
Le soir, sous la lampe, tu contemples chacune d’entre elles et tu leur trouves mille éclats bien vivants entre tes doigts adroits.
Si tu aimes le côté lactescent de certaines, tu leur préfères à toutes la transparente qui a au coeur comme une bouche géranium, le noeud d’une tempête, avec des filaments d’azur et des constellations de bulles. Le peintre est un gamin qui joue tout seul dans la galaxie de son imaginaire.
A.C

Nov 062014
 
 6 novembre 2014  Posted by at 19:44 LAQUES ET GLACIS Commentaires fermés sur D’ombres et d’océan


Celui, qui du ciel, approche un nouveau monde, tremble comme un puceau. Que dissimule tout ce vert? Dans quoi va t’il tomber? Sa capsule étincelle sous le blanc ricochet d’un soleil étranger. On dirait une mer bordant une lagune. Léviathans ou Chimères, quelles créatures vivent dans ces marais? L’air est il respirable? Soufre acide ou mercure? Air pur ou puanteur?
En attendant, mes beaux lascars, méfiez vous des visions que ramènent les peintres. Ils sont parfois sans le savoir, voyageurs galactiques, dénicheurs d’au-delà. Ce qu’ils vous montrent à plat, sur d’institutionnelles cimaises, entre deux petits fours, pourrait à votre insu vous faire voyager à des millions d’années lumière. Demain ou dans cinq ans, en plein milieu d’un rêve, dans vos cabines de tungstène, vous entrerez à votre tour dans l’atmosphère d’un paradis perdu… ou d’un nouvel enfer.
A.C

Nov 062014
 
 6 novembre 2014  Posted by at 19:44 HUILES SUR TOILES Commentaires fermés sur Les portes du sud


Et puis il y a ces villes saoules ivres d’ellipses qui tanguent sur les dunes. Matins mirages, rêves d’architectures pour une douce humanité. Petits frères humains dormez en paix entre mes murs de sable. J’ai, pour vous, sur la palette de mon coeur, choisi les plus belles couleurs, afin de dissoudre votre peine, vos angoisses de vie. Libres et sans repères marchez dans mes nuits blondes, acceptez de vous perdre dans la terre de Sienne, l’indigo, le safran.
Tout le meilleur de mon âme au bout de mon pinceau, mes deux fusils en bandoulière, brigand de grand chemin, d’un bon pas j’ouvre les mondes et vous offre ce soir leurs fruits les plus secrets. Les rubis, l’émeraude, des cristaux en étoiles, des grenats ténébreux, des éclats de silex et de la poudre d’or.
Au coin d’un feu, sortir de ma besace tous ces petits trésors, les passer dans vos mains grasses du jus de cailles pour les voir scintiller et allumer vos yeux. Soyons passeurs de feux follets, artisans d’arc en ciel et d’aurores. Que la lumière de mes taches continue à grandir sur le buvard de vos pupilles.
A.C